Coutumes et traditions funéraires
Croyances sur la mort

Le but du bouddhisme tibétain est le développement spirituel afin d’atteindre l’illumination et ensuite aider les autres à atteindre cet état.

Après la mort l’être entre dans le bardo (l’intervalle), où il séjourne 49 jours. La mort est perçue comme une libération et permet de rentrer dans un état de paix, appelé également le Nirvana. L’âme continue d’exister, au contraire du corps, qui devient une sorte d’enveloppe vide et qui doit retourner à la nature.

C’est le début d’une nouvelle existence car le bouddhiste croit à la réincarnation.

L’astrologue détermine le rite à pratiquer, selon la personne concernée, son avancement spirituel et l’heure de sa mort.

Funérailles célestes

Ils pratiquent plusieurs types de funérailles.

L’inhumation Céleste, ou la manducation par les rapaces, est la plus pratiquée, parce qu’au Tibet, le sol est souvent gelé et le bois très rare.

Le corps du défunt est offert aux vautours, car les vautours sont considérés comme des anges.

Ce rituel permet aux âmes d’atteindre le ciel sereinement. Les vautours sont ceux qui portent l’âme du défunt au ciel. Les cieux sont représentés comme un espace balayé par le vent, où les âmes attendent le moment de leur prochaine réincarnation, de leur prochaine vie.

Le corps est lavé et enveloppé dans un vêtement blanc. Puis les cheveux sont coupés, un rogyapa découpe le corps en plusieurs morceaux et offre la chair comme nourriture pour les vautours. Les os sont transformés en poudre, qui est ensuite mélangée avec le tsampa et donnée aux vautours. Les membres de la famille ne sont pas autorisés à voir cette scène.

Le représentant religieux récite quelques mantras, puis danse autour du corps. Avec sa main gauche, il tient une queue de yack et en même temps joue de la flûte (qui est sculptée dans un fémur humain). Pendant ce temps, la main droite secoue une cloche, pour alerter et réconcilier les relations avec les « gardiens » du lieu.

Le corps est conservé pendant trois jours. Le rituel des funérailles célestes commence généralement avant l’aube. Les lamas mènent une procession jusqu’au charnier où le corps doit être exposé, et chantent en même temps pour guider l’âme du défunt.

Les tibétains sont encouragés à assister à ce rituel, en vue d’affronter la mort et de ressentir l’impermanence de la vie.

Ces funérailles sont considérées comme inappropriées pour les jeunes de moins de 18 ans, les femmes enceintes et les personnes décédées d’une maladie contagieuse ou d’un accident.

L’immersion ou les funérailles de l’eau est un rite funéraire de classe inférieure. Les poissons sont considérés comme des créatures divines. L’immersion dans l’eau est généralement pratiquée pour ceux qui ont une situation économique difficile, comme les veuves ou les veufs sans enfants, ou les mendiants, les orphelins.

Le corps est exposé dans la maison pendant trois ou quatre jours. Pendant ces jours, un sorcier pratique la divination et choisit le jour le plus approprié pour les funérailles.

Le corps est démembré sur les bords d’une rivière et jeté dans l’eau. Parfois, le cadavre est simplement déposé dans l’eau.

Dans les vallées du sud du Tibet, où vivent peu de vautours, l’immersion dans l’eau est le rite funéraire principal.

Cérémonie d'immersion

Dans ces zones, l’immersion dans l’eau est équivalente à l’inhumation céleste, parce que le corps est dévoré par les poissons, des créatures divines. Cela explique pourquoi les habitants maintiennent encore leur habitude de ne pas manger de poisson.

Les tibétains évitent de manger du poisson parce que les poissons peuvent manger les cadavres et aussi parce que la pêche interfère avec l’eau, considérée comme sacrée. Ils pensent que les poissons n’ont pas de langue et par conséquent ils ne peuvent pas bavarder. Comme récompense, les tibétains ne les mangent pas, car le bavardage est considéré comme un défaut majeur.

Il y a des maîtres des rites funéraires de l’eau, ainsi que des lieux interdits à l’immersion. Les procédures et les rites sont semblables à ceux de l’inhumation céleste : les moines sont invités à chanter les textes bouddhistes afin de purifier l’âme du défunt.

Funérailles célestes: découpage du corps par le rogyapa

L’inhumation par le feu ou l’incinération, est considérée comme moins noble que l’inhumation stupa. Généralement elle s’applique aux lamas et aux personnes ayant un statut social élevé, parce que ce sont les seuls à pouvoir supporter les coûts (le bois et le combustible sont très chers).

Ils enveloppent le corps en position assise et l’attachent à la pile de bois. Le chef religieux est assis face au mort et chante des sutras.

Ils passent en revue la vie et la moralité du mort, et souhaitent que son âme soit acceptée par les dieux du ciel. Quand le feu s’éteint, les gens partent en groupe, et trois jours plus tard les cendres sont recueillies et stockées. 

Les cendres sont emportées ensuite dans les hautes montagnes pour être dispersées dans le vent ou dans les rivières.

L’inhumation de la terre est pratiqué occasionnellement pour les corps qui ne sont pas assez purs pour être donnés aux vautours, comme ceux morts par des maladies infectieuses ou tués par les voleurs ou les meurtriers.

L’inhumation dans le stupa est appliquée seulement au Dalai Lama, au Panchen Lama ou au Bouddha Vivant. Le corps est couvert d’eau salée et ensuite séché. Plus tard, le corps est enduit d’onguents et de parfums, embaumé d’herbes médicinales rares et d’épices et placé dans un stupa (monument religieux).

L’inhumation dans l’arbre est pratiquée seulement pour les enfants et les fœtus avortés. Le corps est nettoyé avec de l’eau salée, placé en position fœtale dans un cercueil ou un panier en bois et celui-ci accroché loin du village, dans une forêt dense. Ils peuvent aussi placer le corps dans un pot d’argile, le sceller et le jeter dans une rivière ou le garder dans un entrepôt.

Stupa et drapeaux de prière
La manducation par les oiseaux de proie

L’inhumation en falaise est pratiquée occasionnellement dans le sud du Tibet. Le corps embaumé est placé dans une boîte en bois. La boîte est ensuite placée dans la grotte d’une falaise.

Pendant la période de deuil, ils enlèvent certains ornements, en particulier les femmes. Le deuil dure plus ou moins longtemps, selon le degré de parenté avec le défunt.

Plusieurs cérémonies sont organisées par la famille. Ils invitent les parents, les amis et les voisins à partager le thé, le vin, la viande, le beurre et l’argent, en souvenir du défunt.

L'inhumation dans l'arbre

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