Coutumes et traditions funéraires
Croyances sur la mort

Les Samis (ou Sames) sont un peuple autochtone qui s’est installé dans le nord de la Scandinavie et dans la péninsule de Kola (ou Laponie) à la fonte des glaciers, il y a environ dix mille ans.

Des Samis autour d'une habitation

Dans leur langue, le mot « guerre » n’existe pas.

La famille, considérée comme un tout entier, se compose des morts et vivants. Le monde des morts et celui des vivants sont interconnectés, et la mort n’est qu’une transition naturelle vers une réalité différente, souvent meilleure.

Les morts sont les gardiens des traditions et des vertus des familles et des tribus.

Le chaman communique avec le monde des esprits, peut leur demander conseil, essayer de savoir le type de sacrifice nécessaire pour certaines cérémonies, ou la façon de résoudre un problème de la communauté. 

Pour les Samis toute la création possède une âme et une force vitale: les rochers, les rivières, les arbres, les animaux. Ils vénèrent les êtres invisibles, les ancêtres défunts et les êtres souterrains.

De nombreuses divinités et esprits sont considérés comme sacrés comme par exemple : le Père, la Mère, le Fils et la Fille, le dieu du tonnerre et du feu, la déesse du soleil, la déesse de la lune, la déesse de la mort. La transmission du principe vital peut se faire à travers les générations (comme chez les Inuits), l’enfant reçoit le nom d’un ancêtre apparu en rêve aux parents.

Certaines âmes ou parties d’âmes (seulement des caractéristiques individuelles) peuvent renaitre dans la même lignée familiale. 

Le nom représente l’âme du défunt, avec ses qualités et sa protection depuis l’au-delà. L’enfant, véritable réincarnation de l’ancêtre, hérite ainsi pour toute sa vie de l’esprit gardien ou « l’animal » de celui-ci.

La vie est un tout. Porter atteinte à l’une des parties du corps, signifie porter atteinte à l’ensemble du corps.

Le corps représente le « manteau » et le support de l’âme, ainsi que celui du principe vital. Ils croient que chaque corps possède :

Sami: femme et enfant dans un komse
Hommes et femmes Samis

-Une âme libre ou âme-ombre. Elle constitue la personnalité qui quitte le corps durant le sommeil et se déplace entre les réalités. Elle est représentée sous la forme d’une ombre, d’un nom, d’un animal (souvent un oiseau).

-Une âme du corps. Elle reste liée à sa famille, à son lieu de repos, peut aider les vivants ou leur nuire

-Plusieurs âme-vie: le souffle, le sang et surtout le squelette (pour l’humain ou l’animal). Le squelette représente le support d’un fluide essentiel pour une résurrection future.

D’ailleurs cette croyance pourrait expliquer certains de leurs rites d’enterrement.

A côté d’un agonisant ils doivent garder le silence, ne pas l’effrayer, sinon il risque de rester bloqué un certain temps entre deux mondes. En cas de besoin, il peut être aidé en lui mettant brièvement la tête à l’envers.

Après la mort ils chantent au défunt un cantique de séparation. Ensuite ils quittent la tente, il ferment la porte avec précaution et la recouvre de bois. Le lendemain ils lavent le corps, l’enveloppent avec un linge blanc ou l’habillent avec ses vêtements.

Avant d’arriver à la place des morts, l’âme du défunt doit traverser une rivière sombre, avec l’aide de la « fille de la mort ».

A cause du sol rocheux et des gelées fréquentes les enterrements sont compliqués. Pour cette raison ils utilisent souvent des sépultures provisoires : dans des troncs d’arbres creux, sous des amas de débris rocheux ou enveloppées dans leurs traîneaux (recouverts d’écorces de bouleau puis de tourbe).

Le printemps ils enterrent leurs morts à l’endroit approprié, à proximité de sites sacrés, enveloppés dans de l’écorce de bouleau, dans des tombes peu profondes pour que l’esprit puisse facilement quitter le corps.

Famille Samis

Les lieux de sépulture sont installés à l’écart des habitations, dans des endroits chargés d’énergie spirituelle et peuplés d’esprits. Ces lieux se trouvent souvent sur des îles, à travers des rivières ou à proximité de grands éléments naturels. 

Pour éviter que l’esprit du mort emporte d’autres vivants, ils procèdent à divers rites et tabous de purification. Par exemple ils ne sortent pas le défunt par la porte principale, mais à travers la tente, à l’endroit précis où il est mort. Ils pensent que s’ils sortent le mort par la porte, tous les habitants de la tente risquent de mourir rapidement. 

Symboliquement, les morts et les vivants doivent prendre désormais des chemins différents.

Les défunts sont enterrés avec des objets dont ils ont besoin dans l’au-delà : de l’argent, de la viande, des ciseaux, du tabac, de l’alcool, de quoi chasser et pêcher, de quoi voyager, ou se protéger contre le froid.

Pour faciliter le voyage de l’âme dans l’au-delà, ils procèdent à des sacrifices d’animaux : des élans, des rennes ou des ours. Les os du renne qui a transporté le mort et qui est censé l’accompagner, sont soigneusement réunis. Dans leurs croyances il existe un dieu capable de façonner de la chair sur les os (des hommes et des animaux) et de les faire revivre.

Famille Samis

C’est en partie ce qui explique toute l’attention et le soin accordés au corps du mort.

Un bon enterrement, suivi de prières et d’offrandes régulières sur des sites sacrés, assurent une vie après la mort heureuse. Si les morts sont correctement accompagnés et honorés, ils renvoient beaucoup de chance, de prospérité et de sagesse du monde souterrain vers le monde des vivants. 

Les ancêtres sont les protecteurs et les guides de leurs descendants. 

Les morts sont commémorés au cours de nombreuses fêtes annuelles.

Sources

(https://fr.wikipedia.org)

Sami Shamanism and Secular Modernism, (https://myend.com)

Håkan Rydving, The « ritual play » of the noaidi among the pre-Christian Sami (Lapland, 17th – 18th centuries)

(https://journals.openedition.org)

(https://www.tota.world)

Sami People: Religion, Beliefs, and Deities (https://www.learnreligions.com)

Afterlife (https://www.taivaannaula.org)

Johan Turi, Récit de la vie des Lapons (https://www.persee.fr)

(https://agoras.typepad.fr)

Cédric Gouverneur, Le seul peuple « autochtone » d’Europe

(https://www.mondediplomatique.fr)

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Spiritualité Autochtone