Coutumes et traditions funéraires
Croyances sur la mort

Les indigènes du détroit de Torrès vivent dans les îles nord du Queensland. Du point de vue culturel ils sont plus proches des autochtones des régions de Papouasie-Nouvelle Guinée que de ceux d’Australie.

Ces peuples aborigènes sont convaincus que vivre sur la terre est une chance, et que les esprits des anciens, en jaillissant de la terre et du ciel, ont créé tous les êtres vivants.

La mort est une continuité, une nouvelle étape. Pour retourner vers les « Ancêtres de son Rêve », l’esprit du défunt doit bénéficier d’une cérémonie marquée par des rites qui varient selon les tribus et la région. 

Homme habillé pour la danse de la mort

La mort naturelle est acceptée seulement pour les enfants. Ils pensent que les adultes ne meurent jamais de mort naturelle, sauf en cas de meurtre ou les morts au combat. Ils considèrent que la mort est toujours l’œuvre d’un sorcier. Lors des funérailles, des pleureuses chantent en injuriant et en maudissant l’ennemi qui a causé le décès.

La conservation du cadavre se fait par l’exposition au soleil, par fumage ou par cuisson lente. Ces processus sont largement répandus, depuis la région du détroit de Torres dans le Queensland (au nord), jusque dans celle de l’État du Victoria (au sud).

Ils pratiquent également l’inhumation, la crémation et parfois placent les cadavres sur des plateformes dans les arbres ou dans les troncs des arbres creux. Lors des funérailles ils font des offrandes et ensuite ils jettent les objets qui ont appartenu au mort.

En signe de deuil ils peuvent se frotter le corps et les cheveux de gypse ou de l’argile. Des règles strictes sont observées pendant le deuil, notamment le silence des veuves et l’interdiction de prononcer le nom du défunt. 

Homme en tenue traditionnelle, 1905
Repas funéraire, 1928
Hommes en tenue traditionnelle, 1921

Le crâne est considéré comme étant le siège de l’âme. Ils conservent ainsi les crânes de leur famille et ceux de leurs ennemis. Celui qui s’empare du crâne est considéré comme étant le maître de toutes ses activités psychiques, du courage, de l’amour, de la haine, de l’orgueil. 

Ensuite ils pratiquent sur ces crânes des rites magiques et religieux. 

A travers le crâne d’un guerrier ennemi ils peuvent neutraliser la vengeance d’un esprit. Avec celui d’un guerrier ami, ils peuvent obtenir la protection, l’aide et les conseils. Celui d’un père ou d’un parent les aident à apaiser la colère et obtenir des faveurs.

Sur L’ile Murray ils organisent une danse annuelle appelée « la danse de la mort ». Des hommes masqués, avec le corps recouvert de feuilles du cocotier, dansent avec un arc et une flèche en imitant dans leurs démarches et attitudes des personnes récemment décédées. 

Crâne de l'ile Murray

Les femmes ne sont pas autorisées à accomplir ce type de cérémonie sacrée, elles ne peuvent donc pas se faire passer pour des femmes décédées. Ce sont les hommes qui accomplissent cette tâche en s’habillant en tenue de femme, portant un balai à la main et en cachant le visage avec un coiffe de feuilles.

Les femmes restent assises plus loin et essaient de reconnaitre les individus ainsi personnifiés. Avec des larmes et des lamentations elles crient :  » C’est mon mari ! « ou  » Oh, mon fils !  » selon les relation qu’elles avaient entretenues avec le défunt. 

Bouffon des cérémonies funéraires

Les funérailles sont généralement accompagnées par une certaine forme de joie. Ils invitent souvent un bouffon masqué, qui « fait l’imbécile » parmi les autres participants. 

Habituellement le bouffon porte une coiffure dans laquelle il insère un long filet de plumes. Sur la poitrine il porte deux bandoulières croisées et un ornement de coquillages, une ceinture frangée autour de la taille et des bandes ornementales autour de ses jambes.

Sur certaines iles, des auteurs évoquent la possibilité de la pratique du cannibalisme funéraire : le corps de l’enfant peut ainsi être mangés par les membres de sa famille : la mère, le père, les frères et sœurs.

Hommes en tenue traditionnelle

Sources :

Wikipédia, Indigènes du détroit de Torrès

(https://fr.wikipedia.org/wiki)

A. Glory, R. Robert, Le culte des crânes humains aux époques préhistoriques

(https://www.persee.fr)

Philippe Estrade, COMMUNION AVEC L’ESPACE NATUREL 

(https://pluton-magazine.com)

Ethnological studies among the northwest-central Queensland aborigines by W. E. Roth 

(https://www.jstor.org)

Torres Straits, Reports of the Cambridge anthropological Expedition, Sociology, Magic and Religion of the Eastern Islanders

(https://www.proquest.com)

Marcel MAUSS, L’expression obligatoire des sentiments

 (http://anthropomada.com)

Alfred C. Haddon, Head-Hunters, Black, white and brown

Bruno Boulestin, Pourquoi donc tous ces chasseurs-cueilleurs font-ils des tombes doubles 

(https://www.persee.fr)

Spiritualité Autochtone