Coutumes et traditions funéraires
Croyances sur la mort

Les autochtones Tupi-Guarani de l’Amérique du Sud sont divisés en trois sous-groupes :

– les Tupinamba et les Guarani, dispersés le long de la côte Atlantique, et entre l’embouchure de l’Amazone au Río de La Plata,

– les tribus localisées le long du Tocantins et du Xingu

– les tribus de la région du Tapajoz et du Madeira.

L’association entre les Tupi et les Guarani provient d’une grande similitude entre ces tribus, au niveau de la vie socio-économique, des pratiques rituelles, des croyances religieuses et de la structure des mythes.

Les indiens Tupi et Guarani partagent la même culture et la même langue. Il n’y a pas d’unité politique entre les tribus. Ils se trouvent dans un état de guerre permanente entre eux, et avec d’autres indiens dont ils essayent de conquérir le territoire.

Hommes Tupi-Guarani

 

Les Tupi-Guarani sont persuadés qu’après la mort, les âmes des grands guerriers et des grands cannibales rejoignent les âmes de leurs ancêtres dans un lieu très plaisant et vivent en compagnie des dieux.

Famille Tupi-Guarani

La mort libère deux entités :

– un spectre terrestre qui porte en lui la personnalité, les passions, les désirs, le mémoire, le caractère du défunt

– un souffle vital qualifié d’âme-parole qui représente le souffle divin, identique au nom sacré de chacun, individuel mais impersonnel.

Les rites funéraires tupi-guarani sont tristes et joyeux à la fois : ils chantent, ils dansent et entonnent des prières. Pour se protéger des éventuels dangers que le mort peut provoquer ils rompent tout lien avec lui et l’éliminent complètement de la mémoire du groupe. Sa place est désormais dans le cosmos, ses biens sont enterrés ou donnés aux autres.

Même si la plupart du temps ils abandonnent le village lors d’un décès, l’âme du mort continue à apporter aux vivants des messages envoyés par les dieux. Le squelette représente l’instrument principal de communication avec le divin. 

Funérailles

Le but des rites funéraires est de protéger les vivants du défunt en se faisant oublier par celui-ci mais aussi de préserver l’intégralité du squelette. Ils considèrent que le principe vital du défunt est enfermé dans les os. C’est à travers les os qu’on obtient pour eux la grâce divine et la résurrection (en faisant circuler « le verbe » à nouveau). Le risque disparait lorsque la décomposition du corps est terminée.

Les Guarani enterrent leurs morts dans de grandes jarres à chicha (bière douce de maïs), fermées par un couvercle. Chez les Tupi lorsque le corps est enterré sans enveloppe, ils rajoutent généralement par-dessus la tête un élément protecteur comme par exemple un récipient de céramique. Le cadavre peut être enterré aussi dans une urne, un panier de bambou, ou maintenu dans une enveloppe en position fœtale. 

En plus de protéger les os il est primordial d’éviter le démembrement. Apres la décomposition, les os sont lavés et conserves dans un récipient de cèdre dans la maison rituelle. La famille les emporte toujours en cas de changement de résidence.

Tant que le processus n’est pas terminé ils prennent beaucoup de précautions. Par exemple ils enroulent le corps dans des vêtements, le serrent avec des lianes, des cordes, attachent les jambes ou remplissent la bouche de coton. Le but de cette pratique est de faire en sorte que l’âme ne revienne pas dans le corps.

Scène de cannibalisme

Les prisonniers de guerre sont souvent destinés à être mangés après une exécution rituelle. Le prisonnier est mangé par une communauté entière, généralement nombreuse. 

Son corps n’est pas traité comme une simple portion de nourriture car cela peut être interprété comme du cannibalisme. 

Lors d’une cérémonie spéciale, ils pratiquent l’anthropophagie rituelle. Toute la communauté mange le corps du héros pour incorporer son courage.

Scène de cannibalisme

Sources :

Olivier Allard, Passé/Présent des rites funéraires Guarani

Olivier Allard, De l’os, de l’ennemi et du divin. Réflexions sur quelques pratiques funéraires tupi-guarani

Christian Ferrié, Les cannibales de Montaigne à la lumière ethnologique de Clastres

Oswald de Andrade, Suely Rolnik, Manifeste anthropophage / Anthropophagie zombie

(https://www.universalis.fr)

Métraux Alfred, La religion des Tupinamba et ses rapports avec celle des autres tribus tupi-guarani

Métraux Alfred, Écrits d’Amazonie. Cosmologies, rituels, guerre et chamanisme

Bernard Grunberg, Les indiens des petites Antilles, Des premiers peuplements aux débuts de la colonisation européenne 

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