Coutumes et traditions funéraires
Croyances sur la mort

Le peuple autochtone Dagara vit essentiellement en Afrique de l’Ouest, au nord-est du Ghana et au sud du Burkina Faso. Quelques communautés vivent également en Côte d’Ivoire et au Cameroun.

Pour eux la mort ne représente qu’un passage vers le monde des ancêtres. L’âme quitte le corps aussitôt après la mort, mais ne fait pas encore partie du monde invisible.

La présence de l’âme est toujours manifeste pendant toute la période de deuil, elle continue de circuler dans le village au milieu des siens.

Cérémonie funèbre: lamentation autour du balafon

La famille se rassemble et écoute les dernières volontés du mourant et font leurs adieux. Le mourant doit mourir adossé aux genoux de quelqu’un de la famille. Ensuite le corps est lavé et habillé avec la tenue mortuaire. La tête du défunt est rasée, les cheveux étant considérés comme une impureté. 

Le défunt ainsi apprêté est installé par les fossoyeurs sur un siège adossé à un mur près de l’entrée principale, à l’extérieur de sa maison, qui est un espace public. Sous ce siège, ils posent une natte en épis de mil, les pieds du défunt ne doivent pas toucher le sol.

Défunt Dagara

La cérémonie funèbre et son déroulement sont liés à la cause du décès, qui est dévoilée par le devin ou le mort lui-même. 

Pour les individus morts par accident ou de maladie la coutume exige un paiement d’amende pour une réparation rituelle (une amende financière, plus deux poules et un animal pour le sacrifice de réparation) car ces décès sont une punition des esprits. 

Les vieillards décédés après une longue vie, et qui ont eu de nombreux enfants, bénéficient de bonnes funérailles. Les sorciers et les maudits de la société font exception, ils sont laissés à eux-mêmes pendant leurs derniers instants et par la suite sont jetés dans une fosse.

Lamentations autour du balafon

Ils entourent le catafalque des objets courants du défunts, dans le but de l’aider et de l’accompagner dans son voyage vers le pays des ancêtres. Le catafalque est orienté vers l’est pour les hommes (qui se lèvent tôt pour aller aux champs), et vers l’ouest pour les femmes (qui savent, lorsque le soleil commence à descendre, qu’il faut préparer le repas). 

Ils pratiquent des séances de lamentation autour du balafon, de pleurs, de rhétorique, de complaintes et de danses. Ils rejouent par des mimes les différentes activités qui ont marqué la vie du défunt, afin d’extirper de sa mémoire les souvenirs de son existence terrestre . Le récit de sa vie et de ses grandes actions comportent beaucoup de chagrin et sont au cœur du processus des lamentations.

Des pièces de monnaie sont jetées au pied du trône sur lequel se trouve le cercueil (en général pour les fossoyeurs ).

L’enterrement se déroule rapidement, dans une ambiance de cris et de lamentations, qui marque la séparation définitive avec le défunt. Cette séparation est est précédée d’un sacrifice de poule. La « tombe rouge » est une tombe neuve, la « tombe noire » est une ancienne tombe qui a été défaite pour être réutilisée. L’inhumation a lieu à l’abri des regards. Pour cela, les fossoyeurs cachent la scène, en formant un écran à l’aide de tissus qu’ils tiennent tout autour de la tombe.

Les cadeaux offerts au défunt ne l’accompagnent pas dans la tombe. En partant dans l’au-delà et il emporte la substance invisible des présents offerts. A la clôture de la veillée, ils détruisent l’enveloppe visible de chaque cadeau, car il s’agit des apparences sans consistance.

Ils incitent l’âme à rejoindre les ancêtres à travers le rite des funérailles amères. Le but de ce rite est d’aider et de purifier le défunt, dans sa pérégrination vers la cité des ancêtres, afin d’y être accepté.  

Vêtements de protéction

Les signes visibles de deuil sont les fibres attachées aux bras et la cendre. Ils frappent la nuque de l’homme qui doit pleurer le premier avec la main enduite ou remplie de cendres. 

Le deuil commence à partir d’un repas symbolique préparé à l’intention du défunt, qui est censé revenir boire et manger en famille.

Les pieds et les mains du porteur de deuil sont enduits de kaolin, ils lui remettent une besace, un bâton et une peau de chèvre ou de mouton à porter en bandoulière et sur laquelle il peut s’asseoir.

La femme porte comme symboles de deuil des fibres et tient toujours en main un bâtonnet. Les porteurs de deuil devront s’abstenir de prendre un bain et de rendre visite aux malades.

Le rite des funérailles fraîches marque l’acceptation du défunt parmi les ancêtres et la fin du deuil.

Balafons
Habitation traditionnelle

Sources :

Kusiele Meda Kow Dominique Savio (abbé), Célébration chrétienne de funérailles dagara perspectives pastorales

David Vaulay, Musique et funérailles chez les Dàgàrà-Lòbr du Burkina Faso,

(https://www.erudit.org/fr/revues/fr)

GBÃAN `E DABIRE C., Nisaal. L’homme comme relation

(https://www.radarsburkina.net)

(https://fr.wikipedia.org/wiki/Dagari_(peuple))

(https://www.toriyaba.org)

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Spiritualité Autochtone