Coutumes et traditions funéraires
Croyances sur la mort

Les autochtones Mélanésiens sont originaires d’Asie, les descendants des peuples Austronésiens et des premiers Papous. La Mélanésie regroupe la Papouasie-Nouvelle-Guinée, les îles Solomon, le Vanuatu, la Nouvelle-Calédonie, et les îles Fidji.

Pour les Solomoniens, le crâne est le siège de l’énergie vitale. 

En dehors de l’énergie vitale, l’homme possède un autre esprit, qui après la mort continue à vivre en d’autres lieux et peut revenir pour aider ou faire du mal aux siens.

Crâne décoré

Pour eux la mort n’est pas une fin mais une transition, la personne continue de vivre selon un mode diffèrent de celui des vivants.

La notion de mort est donc relative car la personne ne cesse jamais d’exister, elle continue d’être sollicitée et d’entretenir des liens avec la communauté. 

Maintenir de bonnes relations avec les défunts est primordial pour la survie du groupe. Pour cela ils utilisent divers objets de cérémonie et organisent des célébrations. Par exemple les anneaux et les ornements en coquillage servent d’intermédiaire entre le monde terrestre et le monde des esprits.

L’ancêtre est indispensable à la réussite de toutes les actions : la chasse, la guerre, la fertilité féminine et l’agriculture. Le peuple Mélanésien des Iles Solomon, comme certains Amérindiens et peuples d’Afrique, considèrent que la mort n’est pas un phénomène naturel.

Leurs rites funéraires sont complexes afin de permettre au mort d’accéder à un statut d’ancêtre protecteur. Cela se fait à travers la conservation de son crâne. Le crâne devient donc une partie tangible d’un corps intangible, et il sert, comme dans beaucoup de cultures, de pont avec l’au-delà.

Pour les peuples Goun et Fon d’Afrique le crâne joue un rôle important : après des prières spécifiques il est mis dans un sac, ensuite accroché au mur ou dans un pot et gardé ainsi un peu plus d’un an. Par la suite il est exposé et vénéré avant l’enterrement définitif et secret. 

Les Apaches considèrent que le corps et le crâne en particulier sont une source de danger.

Chez les Ache-Guayaki de l’Amérique du Sud, après un certain délai, lorsqu’ils jugent que le cadavre est suffisamment décomposé, ils extraient le crâne en évitant de le toucher, le déposent à terre, le brisent à coups d’arc et le brûlent.

Autochtones autour d'une embarcation

Chez les autochtones des iles Salomon les rites funéraires varient d’une ile à l’autre. A Bougainville les cadavres sont brûlés. A Guadalcanar et à San Cristobal, ils sont enroulés dans des nattes et jetés à la mer.

A Marau ils placent le mort dans son canot et l’attachent à un arbre. Apres la décomposition du corps et de l’embarcation, le crâne est transporté dans une maisonnette en bois ou placé sous un tas de pierres. Une maisonnette à crâne renferme en général un à deux crânes, et est entouré par les armes du défunt, des noix de coco ouvertes et des tubercules cuits d’ignames destinés à nourrir son esprit.

Les cadavres de femmes, considérés moins importants, sont enfouis dans des espaces divers, ou jetés à l’eau.

A Malaïta, le cadavre est conservé une nuit dans la hutte. Le lendemain il est enterré derrière la case tabou (mausolée à reliques) ou dans sa propre demeure. Plus tard, le crane est déposé dans un panier à crânes. Le transfert des crânes dans la case tabou donne lieu à une fête.

Les cadavres de femmes sont enterrés sur la côte de l’île, leurs crânes ne sont pas placés dans la case tabou. Si une femme meurt et laisse derrière elle un nourrisson, il est tué en lui cognant la tête sur une pierre. 

À Malaïta, ils peuvent aussi commencer par enterrer le cadavre dans le sable pendant une centaine de jours, puis ils récupèrent le crâne, le nettoient et l’emballent avant de le déposer dans la case tabou. Ils se débarrassent du corps en le jetant sur un dépotoir à déchets tabou (sacré et interdit). 

Parures de fête

Dans les iles du sud-est, les tribu des pêcheurs pèchent l’esprit du défunt avec une sorte de petite ligne et le placent avec son crâne dans une boite dans un coin de la maison.  

Sur l’Ile Santa Anna les crânes sont conservés dans de grands récipients en bois sculptés sous forme de requin, placés dans la case tabou.

Cette « case tabou » dédiée aux ancêtres est généralement perçue en Mélanésie comme opposée de celle des vivants (où le jour devient la nuit par exemple). Ceux deux mondes sont distincts et liés en même temps.

En Nouvelle-Géorgie, le cadavre est placé dans la hutte, sur une civière. Pendant la nuit, ils jouent des airs funèbres sur de longues flûtes de bambou. Le lendemain le cadavre est placé en position agenouillée dans des coraux. A côté du corps sont déposés ses armes, ses instruments de pêche et ses ornements.

Dans d’autres villages (peu nombreux), le cadavre est placé dans la brousse, debout entre des bâtons enfoncés dans la terre. La tête est soutenue par une fourche en bois. Plus tard le crâne est transporté dans une maisonnette à crâne ou dans une grotte.

Habitants les iles Solomon

Lorsque le défunt bénéficie d’un statut social important, l’élévation définitive du crâne a lieu rapidement. Pour les chefs ils attendent maximum une semaine. Ces funérailles sont l’occasion de festins rituels avec consommation de viande de porc et d’échange d’objets de valeur. 

Les cadavres de femmes sont enfouis dans la forêt. Les femmes de chefs sont les seules qui ont droit au même traitement que leurs maris.

Pendant la période du deuil ils se laissent pousser les cheveux et la barbe. La veuve doit se retirer cent jours pour mener son deuil dans l’isolement. Plus tard elle peut se remarier, mais cela provoque généralement des disputes, car la famille du second mari peut est accusée d’être à l’origine de la mort du premier. 

Les chants funèbres et les lamentations cérémonielles sont également très importants et ils peuvent durer pendant plusieurs jours. Des danses et des sacrifices ont lieu tous les ans ou tous les deux ans pour commémorer l’anniversaire de la mort. 

Les Dayaks, peuples autochtones des îles de Bornéo, partent en guerre pour acquérir des têtes. La présence des têtes est requise dans les rites funèbres d’un parent ou d’un chef décédé. Sans cela l’inhumation ne peut pas avoir lieu.

Ils gardent parfois les prisonniers de guerre pour utiliser leurs têtes lors des cérémonies comme le lancement d’une nouvelle pirogue ou les funérailles.

Sources:

(https://casoar.org)

Eugène Paravicini, Rites funéraires et culte des cranes aux Iles Salomon 

(https://www.persee.fr)

Philippe Bourgoin, Art tribal 

(https://philippebourgoinarttribal.com)

Félix Speiser, Les mégalithes dans le Pacifique

(https://fr.wikipedia.org/wiki)

Claire Laux, La mort et la ville en Océanie 

(https://journals.openedition.org)

Glory, R. Robert, Le culte des crânes humains aux époques préhistoriques 

(https://www.persee.fr/doc)

(https://www.peuplesdumonde)

(https://pacifique-a-la-carte.com)

Spiritualité Autochtone