Coutumes et traditions funéraires
Croyances sur la mort
Mère et enfant

Les Innus est un peuple autochtone des régions subarctiques et boréales du Québec et du Labrador. Il ne faut pas les confondre avec les Inuits qui vivent dans les régions arctiques comme le Grand-Nord.

Le peuple Innu est divisé en deux communautés les Innus du Sud, ou Montagnais, sur la partie forestière parallèle aux rives nord du golfe du Saint-Laurent, et les Innus du Nord, ou Naskapis, sur le plateau du Labrador.

Le nom Montagnais signifie « montagnards » en français, Naskapi est un nom autochtone qui signifie « peuple grossier et non civilisé », une référence à leur vie isolée à la frontière.

C’est vers la fin du 20e siècle que les deux groupes adoptent conjointement le nom Innu («peuple»). 

Pour eux la mort n’est pas une fin en soi, le défunt part rejoindre ses frères et sœurs spirituels dans le monde éternel. La mort est un changement d’état qui illustre la permanence de la vie et non pas sa destruction.

Ils croient en en la survie de l’âme, en l’existence d’un au-delà où les âmes se retrouvent. L’âme est une ombre, une étincelle ou une petite flamme qui sort par la bouche, se déplace et quitte la tente par la cheminée ou l’ouverture en haut.

Comme les animaux et les autres objets animés, l’homme a aussi un esprit qui, à sa mort, s’en va dans le monde des esprits pour y poursuivre une vie semblable à celle qu’il menait sur terre. Les hommes, les animaux et les objets sont tous pourvus d’une âme.

Les soins apportés à la dépouille mortelle révèlent une relation entre l’âme et le corps dans laquelle agir sur l’un revient à agir sur l’autre.  Ainsi, les soins que l’on accorde au corps sont également destinés à l’âme.

Le sexe, le statut social ou la façon de mourir ne semblent pas générer des modes de sépulture particuliers comme c’est le cas chez certains peuples d’Afrique, notamment les Peuples Goun et Fon.

Femmes Innus avec enfants

Le corps est enveloppé dans de l’écorce de bois ou des couvertures et celui de l’enfant est enterré sous la tente. On peut le déposer sur des échafaudages ou dans des arbres et l’y laisser se décomposer. 

Le corps d’une personne décédée pendant l’hiver peut être conservé (congelé). Le printemps il est transporté jusqu’à un cimetière situé au bord de la mer. Il est ensuite placé face à l’eau dans un espace dégagé afin de « voir les gens passer ».

Ils considèrent que l’âme du mort représente une menace pour les enfants. Immédiatement après le décès une personne du même sexe lave et habille le mort avec des habits neufs en coton blanc.

Ils posent sur le front de l’homme un ruban bleu et sur celui de la femme un ruban rose (une substitution des peintures faciales qui représentent à l’origine la dépersonnalisation de l’individu). Si la femme meurt en couches le bébé est enterré à ses côtés. Si elle meurt peu de temps après, le bébé est sacrifié et enterré avec elle. 

Dès nos jours la veillée dure une nuit entière ou trois jours et trois nuits. Le corps n’est jamais laissé seul car ils éprouvent un grand respect des morts.

Des Innus
Homme Innu

Comme chez les Apaches Kiowa ils ne sortent jamais le cadavre par la porte de la tente utilisée par les vivants, mais par son côté pour marquer une séparation entre les morts et les vivants. Les défunts sont enterrés avec des objets et des aliments.

 L’âme a besoin dans sa vie d’outre-tombe de ces objets et ustensiles car elle se sert dans l’au-delà de leur essence (leur âme).  

Les objets personnels du défunt : vêtements, objets usuels, armes, etc. sont ramassés et brûlés, à l’exception de quelques-uns d’entre eux qui sont donnés. La tente du mort est brulée pour éloigner son âme.

Il existe les offrandes d’éloignement : pour aider le défunt dans son voyage et l’empêcher de revenir, et les offrandes de demande : pour obtenir l’aide des ancêtres. 

En signe de deuil la famille se laisse pousser les cheveux et les lient par l’arrière. Les femmes masquent les perles de leur chapeau à l’aide d’un tissu noir (habitude récente).

Le veuvage dure trois ans. Pendant cette période la veuve ou le veuf ne peut pas se remarier sans l’accord des parents de la personne défunte.

Couple Innu

Sources :

Stephanie Eveno, Nipun et Tshipai : la mort et les rites funéraires chez les Innuat, Réligiologiques, 2002 (https://www.religiologiques)

Innu Peoples, (https://www.britannica.com)

Mort et rites funéraires chez les peuples autochtones d’Amérique,(http://agora.qc.ca)

Femmes Innu

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Spiritualité Autochtone