Coutumes et traditions funéraires
Croyances sur la mort

Les Mossis sont un peuple d’Afrique de l’Ouest établi au centre du Burkina Faso et au nord du Ghana, du Togo, et du Bénin.

L’idée de Dieu se retrouve partout dans le mode de vie du peuple Mossi. Dieu est pratiquement omniprésent dans les discussions entre individus, toute action s’effectue sous sa protection et selon sa volonté.

Pour les Mossis la mort ne représente que la disparition physique, le corps disparait seulement de la vue des siens. Tout en étant invisible, l’esprit ou l’âme, continue d’exister dans un monde diffèrent et sous une autre forme. 

Chasseurs et guerriers Mossi

L’âme part vers le lieu de rassemblement des âmes. Elle est de couleur blanche, très agile, identique aux formes humaines et se déplace rapidement à l’envers. 

Les Mossis considèrent que tous les objets possède une âme, et par conséquent tout ce qui est offert à un défunt sur terre part le rejoindre dans le pays des âmes.

Pour mettre l’âme du mort sur le chemin de l’au-delà ils sacrifient des animaux, ils offrent du sucre, du sel. Ils donnent aussi de l’argent, ainsi sur la route vers le monde des ancêtres le mort peut s’acheter de l’eau à boire.

Masque funéraire

Ceux qui ont eu une bonne mort s’appellent les morts noirs. Il s’agit en général des personnes âgées, qui laissent derrière des descendants, de ceux morts suite à une maladie, ou morts à proximité du village. 

Les rites effectués en l’honneur des morts noirs sont très longs et complexes. Ils se composent de nombreuses cérémonies et veillées funéraires qui lui facilitent l’accès au statut d’ancêtre.

La cérémonie publique de l’enterrement s’achève par la danse du masque noir. Les initiés qui les portent invoquent les ancêtres pour qu’ils accueillent dignement celui qui est en train de les rejoindre. 

Pour les morts noirs d’autres funérailles sont organisées plusieurs mois, voire plusieurs années plus tard (trois mois ou trois ans pour un homme et quatre mois ou quatre ans pour une femme). Le moment est choisi principalement en fonction des moyens financiers de la famille.

Hommes Mossi

Les morts rouges sont ceux dont la mort a été mauvaise, c’est-à-dire par accident, suite à une blessure, par morsure, ou loin du village. Ces âmes sont condamnées à errer, prisonnières d’un état intermédiaire, entre les mondes des vivants et des morts. 

En cas de mort violente, ils enterrent le défunt discrètement et sans faste sur le lieu de sa disparition et chacun rentre chez soi en silence. 

Après un décès à l’hôpital, le corps est enterré après les dernières habitations, en direction de la brousse.

Masque funéraire

A la fin du deuil, les objets appartenant au défunt sont distribués, ils coupent les liens noués autour de la tête de la veuve et du cou du fils, ils rasent leurs cheveux.

La veuve qui avait été soumise à un interdit sexuel est remariée selon le principe du lévirat.

Le lévirat représente un type particulier de mariage: le frère du défunt épouse la veuve, afin de poursuivre sa lignée. 

Les enfants issus de ce remariage ont le même statut que les enfants du premier mari.

Habitations Mossi
Cérémonie Mossi

Sources :

Jean-Marc Durantel, La danse du masque noir. Rites funéraires des Mossé du Kadiogo (Burkina Faso)

Alice Degorce, « Saluer la souffrance », Représentations des défunts et réseaux de relations dans les rites et les chants funéraires des Moose de l’Ouest (Burkina Faso)

Eugène Mangin, Les Mossi. Essai sur les us et coutumes du peuple Mossi au Soudan Occidental

(https://journals.openedition.org)

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