Coutumes et traditions funéraires
Croyances sur la mort

Les Taïnos (ou Tainos) sont une ethnie autochtone issue de la tribu des Arawak, qui occupait les grandes Antilles lors de l’arrivée des Européens au XVe siècle.

Après leur dissémination au XVIe siècle, beaucoup d’Antillais, plus particulièrement des Cubains, Haïtiens, Portoricains et Dominicains, continuent de se considérer comme Taino : les Tainos Lucayan (aux actuelles Bahamas), les Tainos occidentaux (à Cuba), les Tainos centraux (à Hispaniola et Porto Rico) et les Tainos orientaux (aux petites Antilles).

Les Tainos pensent que les défunts continuent d’exister dans un autre monde, qu’ils connaissent tous les gestes et les secrets des vivants. Les chamanes peuvent communiquer avec eux.

Lamentation autour du défunt allongé sur une natte

Les Tainos sont décrits comme étant doux, ignorant le mal, incapables de se tuer et de s’emprisonner entre eux, très proches et respectueux de la nature.

Pour eux la mort n’est pas une extinction ou une punition, mais plutôt une étape dans la transition d’une existence à une autre, un événement attendu et anticipé qui fait partie de l’ordre cosmique naturel.

Ils pensent qu’après la mort ils retrouvent tous les êtres chers disparus et que dans l’au-delà ils profitent des mêmes plaisirs que pendant la vie terrestre.

Les morts vont vers la « demeure des absents », un lieu lointain, situé au bout de l’île Soraya, inaccessible aux vivants.

Ils pratiquent divers rituels funéraires:

– les enterrements secondaires dans les grottes
– l’incinération d’une partie des os
– l’enterrement des os et du crâne
– la préservation des os des ancêtres dans des paniers à l’air libre.

Les chefs de tribus bénéficient des rituels spécifiques. Ainsi ils peuvent être: :

– embaumés: le cadavre est ouvert et séché par le feu. Il est conservé en entier.

– euthanasiés: qui consiste dans l’étranglement en fin de vie. L’étranglement en fin de vie peut concerner également des personnes atteintes de graves maladies, mais cela se fait seulement avec l’accord du chef de tribu.

– chassés de la maison ou déposés dans leur hamac, avec de l’eau et du pain, jusqu’à ce qu’ils meurent.

– brûlés à l’intérieur de la maison où ils sont décédés.  

Pour les autres Taïnos, ils gardent seulement la tête qui est éventuellement ensevelie dans une grotte, avec une gourde d’eau et du pain.

Chaque chef de tribu croit que les morts reviennent dans sa propre région. 

Ils croient que pendant le jour les morts restent enfermés, et que la nuit ils sortent se mélanger aux vivants, se promènent et font la fête. Le vivant a un esprit nommé, le mort en a un insaisissable. Pour savoir s’il s’agit d’un mort ou d’un vivant, il faut vérifier si l’individu possède un nombril : s’il n’en possède pas, il s’agit d’un mort. Les morts n’ont donc pas de nombril, car celui-ci représente la preuve de son passage sur terre, le résultat de la coupure du lien avec la mère lors de la naissance.

Les Tainos pensent qu’un être vivant peut, par ignorance, coucher avec un être décédé, et que lorsqu’il il essaie de le serrer dans ses bras, le défunt disparaît. 

Les morts peuvent apparaître aux vivants sous la forme d’un homme ou d’une femme, éventuellement sous celle du père, de la mère ou des frères, ou sous d’autres formes. Il se manifeste seulement la nuit, d’où la peur de Taïnos de sortir après le coucher du soleil.

Cercueil de palmes sur des tréteaux
Tombe

Certains défunts sont préparés par boucanage (méthode de conservation par séchage et exposition), ensuite placés dans un contenant et inhumés. 

Le contenant permet à la fois de maintenir l’individu dans sa position d’inhumation et de le transporter jusqu’à son lieu de sepulture.

Il peut s’agir de contenants en tissus, comme un linceul fait d’un hamac, ou un panier de vannerie, une natte, des palmes, des bambous, des morceaux d’écorces, un tronc d’arbre évidé.

Plus tard la sépulture peut être rouverte et une partie du squelette prélevée. La partie prélevée est ensuite réinhumée, soit dans la même sépulture, soit dans un autre endroit. Elle peut aussi ne pas être réinhumée.

Souvent ils gardent les crânes de leurs morts dans une urne ou un panier. Les crânes des chefs peuvent être conservés dans une statue de bois.

La chauve-souris et la chouette sont associées à la mort.

Hommes et femmes Tainos

Sources :

Giuseppe A. Samonà, L’insaisissable religion des Taïnos. Esquisse d’anthropologie historique

(https://fr.wikipedia.org/wiki)

Jacques Flint, Des cavernes de la partie espagnole de l’île de Saint-Domingue

François Rodriguez-Loube, Les Antilles, Un Des Derniers Peuplements Précolombiens de l’Amérique

Menno Hoogland, Anthropologie funéraire amérindienne dans les Petites Antilles

Bernard Grunberg, Les indiens des petites Antilles, Des premiers peuplements aux débuts de la colonisation européenne 

(http://cocomagnanville.over-blog.com)

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