Coutumes et traditions funéraires
Croyances sur la mort

Sokushinbutsu est une pratique d’ascèse extrême afin d’éviter la putréfaction du corps. La momification du vivant est une preuve de sa foi et de sa pratique, le corps du moine devient un Bouddha. Cette pratique s’est développée sous l’influence des enseignements ésotériques du fondateur du Shingon, Kūkai (774–835) qui aurait lui-même atteint cet état il y a environ 1 200 ans. 

Dans de nombreux pays bouddhistes on retrouve ce type de momies, et plus spécifiquement au Japon.

Le but des moines Sokushinbutsu est de rencontrer l’éveil en cette vie, avec ce corps, de se détacher complètement du monde perceptible par les cinq sens,  et ne plus passer par d’autres réincarnations. Pour eux ce monde n’est qu’une illusion qui nous empêche de saisir la vérité, de nous sentir comme faisant partie du grand tout universel. Parvenir à cet état nécessite de lutter contre la douleur et la peur de la mort.

Momie de moine Sokushinbutsu

Ce type de momification a pour but de préserver le corps de la décomposition, la conservation de la chair leur permet d’atteindre la sagesse extrême, d’accéder au paradis et d’assurer une meilleure réincarnation.

Officiellement cette pratique est interdite par le gouvernement japonais depuis le XIXe car elle est considérée comme une forme de suicide mais elle a continué a été pratiquée jusqu’au XXe siècle.

Moines Sokushinbutsu

Le processus de momification consiste en plusieurs étapes. La première étape dure 1000 jours, pendant lesquels le moine pratique une intense activité physique et suit un régime alimentaire très pauvre à base d’eau, des noix et des graines afin de supprimer toutes les graisses de son corps. 

Ensuite le moine durcit son régime pendant encore 1000 jours, en ne mangeant que des racines, des aiguilles et des écorces de pin, tout en gardant le corps et l’esprit en activité, par l’exercice et la méditation. Cela permet de débarrasser le corps des fluides corporels, qui sont également à l’origine de la décomposition du corps.

Momie de moine
Autel des offrandes pour momie de moine

Il faut aussi déshydrater le corps et l’empoisonner pour le protéger des insectes nécrophages. 

C’est une étape très dure car le moine boit exclusivement un breuvage à base de sève de l’arbre urushi. 

Cette boisson, toxique pour le corps, provoque des vomissements et la diarrhée, et contribue aux processus de déshydratation et d’empoisonnement.

Très affaibli, le moine finit le rite emmuré vivant en position du lotus, avec seulement un espace qui permet la circulation de l’air.

Momie de moine Sokushinbutsu

Chaque matin, le moine fait sonner une clochette pour permettre à ses disciples de savoir qu’il est vivant. Lorsque la cochette ne sonne plus, le dernier espace du mur est comblé rapidement pour éviter la présence de l’oxygène, qui accélère la décomposition.

Apres 1000 jours, la tombe est ouverte afin de constater la réussite ou non du processus de momification. 

Entre le XIIe et le XXe siècle parmi des centaines de tentatives de momification, 24 seulement ont réussi. 

Aujourd’hui il est possible de contempler 18 de ces moines dans des temples dispersés à travers le Japon. Une grande majorité se trouve autour du Dewa Sanzan dans la préfecture de Yamagata, la région de Shōnai possède six momies, et la région d’Okitama en a deux. La préfecture de Niigata compte quatre sokushinbutsu, tandis que les préfectures de Fukushima, Gifu, Ibaraki, Kanagawa, Kyoto et Nagano détiennent une momie chacune.

 

Momie de moine

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