Coutumes et traditions funéraires
Croyances sur la mort

Les Kali’nas (Kalinago, Galibi, Karib ou Caribe) sont un peuple autochtone amérindien qui vit dans plusieurs pays de la côte caraïbe d’Amérique du Sud.

Pour les Kalinas c’est l’âme du grand-père, par l’intermédiaire du tonnerre, qui annonce le décès à la famille et aux villageois.

La nouvelle est suivie d’un grand cri plaintif à travers tout le village, les habitants quittent leurs activités en cours et se rassemblent autour de la case du défunt. Des messagers sont envoyés pour annoncer le décès dans les autres villages.

La famille ainsi qu’une partie de la communauté restent la première nuit dans la maison du mort en extériorisant leur chagrin. Des chants funéraires resonnent le soir, pendant toute la nuit et une partie de la matinée.

Leurs pleurs accompagnés de chansons lugubres aident le mort à voyager vers l’au-delà. Chacun lui fait une oraison funèbre en racontant ses exploits ou en détaillant ses qualités. Ils blâment l’ennemi du défunt ou l’esprit malfaisant qui est à l’origine du décès.

Kalinas au Jardin d'acclimatation de Paris en 1892

Tant que le cadavre n’est pas enseveli, son âme ainsi que celle de son meurtrier demeurent dangereuses pour la communauté. Le corps doit donc être préparé rapidement, selon des règles bien définies, pour que le voyage de l’âme se déroule dans les meilleures conditions.

Pour se protéger des mauvaises influences de l’âme du mort, le corps est lavé dans une eau où ils ont fait macérer préalablement l’écorce d’une liane. Un de ses pieds est peint en rouge, puis il est vêtu et paré des plumes et de ses ornements de fête. Le mari conserve parfois une mèche de cheveux de sa femme défunte. 

Homme Kalina

Ils aident l’âme à quitter le corps en piquant le talon du défunt avec une aiguille, et introduisent dans sa narine un petit insecte qui lui montrera le chemin vers l’au-delà.

Après avoir été préparé, le corps du défunt est soumis à des actions naturelles comme : l’inhumation ou la décomposition pendant huit jours voire un mois, ou artificielles : la conservation du corps entier, la mutilation, le décharnement passif ou actif, la momification, l’ébullition, l’incinération.

La conservation du corps entier est rarement pratiquée et le plus souvent elle est associée à des sépultures simples, comme l’abandon du corps ou l’inhumation primaire.

L’inhumation est réservée à ceux partis par mort naturelle. Ils utilisent généralement des récipients d’origine végétale : un linceul fait d’un hamac, un panier de vannerie, une natte, des palmes, des bambous, des morceaux d’écorces, d’une jarre à bière douce de manioc, un tronc d’arbre évidé, ou une pirogue. Ces récipients sont le plus souvent fermés par une plaque d’écorce. Pour un homme ils rajoutent ses outils et ses armes, et pour la femme ses objets de céramique et ses outils domestiques. Ils peuvent choisir de creuser une tombe d’environ 1,6m de profondeur près de la case du défunt ou à l’intérieur de celle-ci. La terre est ensuite tassée en dansant sur la tombe.

L’incinération est destinée à ceux tués par un esprit. Le plus souvent l’incinération se fait dans la maison du mort. Un bûcher est spécialement construit, pour éviter le contact avec le sol. Ils creusent une fosse ronde, peu profonde et mettent à l’intérieur le cadavre accroupi, enveloppé dans son hamac, dans la position de l’enfant dans le ventre de la mère. Ils jettent par dessus un peu de terre et entretiennent le feu pendant quinze à vingt jours.

Le frottement corporel avec les restes du défunt est réalisé après des rites complexes et une préparation spécifique du corps. Celui-ci est souvent laissé à la décomposition, puis brûlé. Les ossements sont récupérés et broyés, ensuite ils mélangent la poudre obtenue dans de l’eau. Le but est d’asperger tous les participants avec ce produit.

Le corps est ébréché dans la rivière. La chair est mangée par des poissons prédateurs ou des Piranhas

Les objets précieux, comme les colliers de dents et de corail ou les tissages, sont conservés quelques temps avant d’être vendus. Des interdits alimentaires sont imposés et certaines activités sont suspendues.

Ils gardent le deuil au moins un an pour la mort d’un adulte, et six à huit mois pour un enfant. La fille, la sœur, la mère, le mari ou la femme du défunt se rasent la tête, ensuite ne se coupent plus les cheveux pendant toute la période de deuil.

Quelques semaines ou mois après le jour de l’enterrement et avant la levée de deuil, ils organisent une autre célébration.

Les grandes cérémonies de deuil incluent certains rituels musicaux comme le chant des hommes et le chant des femmes. Les chants des hommes s’accompagnent des grands tambours et tous ceux qui assistent à cette fête peuvent danser. Le chant des femmes est pratiqué essentiellement par des femmes en deuil. Elles dansent sur leur propre chant, qu’elles rythment avec des hochets sur pique.

Ces deux formes musicales et chorégraphiques sont simultanées pour la plus grande partie du rituel. Le passage vers une seule danse commune constitue un moment important dans la cérémonie de deuil.

Les Kalinas quittent le village lorsque se sont accumulées quatre ou cinq sépultures d’adultes. 

Les mort-nés sont souvent enterrés lors d’une cérémonie nocturne.  

Le fantôme du mort peut déranger les vivants. Il est distinct de l’âme et occupe le corps au moment de la mort : son ombre prend une forme de vie indépendante.

L’âme du mort ne peut atteindre le ciel qu’une fois son corps enterré, sinon il est renvoyé sur terre. Ce sont ces personnes renvoyées qui décrivent le ciel aux vivants.

Certaines âmes ne peuvent pas atteindre le ciel :

– les meurtriers sont attendus par leurs victimes pour être tués.

– ceux qui ont maltraité les bêtes, surtout les crapauds et les chiens sont punis par les protecteurs des animaux. Si quelqu’un a tué un chien durant sa vie, un chien gigantesque le dévore ou le noie dans le fleuve qu’il doit traverser.

– les grands pêcheurs sont avalés par le protecteur des poissons

L’esprit d’un chamane peut se réincarner dans une autre personne, qui deviendra à son tour chamane.

Sources :

Bernard Grunberg, Les indiens des petites Antilles, Des premiers peuplements aux débuts de la colonisation européenne,

(https://fr.wikipedia.org/wiki)

Jean-Michel Beaudet, Polay, Uwa : danser chez les Wayãpi et les Kalina. Notes pour une
ethnographie des danses amérindiennes des Basses Terres d’Amérique du Sud

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Spiritualité Autochtone