Coutumes et traditions funéraires
Croyances sur la mort

Les Aché – Guayaki sont des indigènes chasseurs-cueilleurs des forêts tropicales de l’est du Paraguay.

Le mot « Aché » est le nom qu’ils se donnent et signifie « gens », le mot « Guayaki », mieux connu, est un terme insultant qui a apparemment le sens de « rats enragés ». 

Leurs croyances spirituelles accordent une place centrale à Berendy, divinité associée aux météores rugissants.

Lorsque quelqu’un meurt, le décès est aussitôt annoncé par une femme, ensuite repris par toutes les autres femmes du village. Le corps fait l’objet d’une préparation minutieuse : il est replié en position fœtale, les jambes sont ramenées contre la poitrine, le front est posé sur les genoux, les coudes près du corps. Il garde cette posture solidement lié au moyen d’une liane.

Ils appuient les mains du mort contre ses tempes, les doigts sont légèrement écartés et les phalanges repliées, et pour mieux le maintenir ainsi, ils entourent également les poignets et la tête avec une liane. 

Ainsi apprêté le cadavre peut être inhumé.

Loin du campement, ils creusent une fosse ovale, profonde et de petit diamètre. Ils déposent le corps à l’intérieur, en position agenouillée, la face tournée vers le sol. Deux nattes protègent le mort du contact avec la terre: une est installée au fond de la fosse et l’autre au-dessus du corps.

Rapidement et sans plus de cérémonies, ils abandonnent le campement (avec d’autres objets du mort: les arcs et les flèches si c’est un homme, le panier et les nattes, si c’est une femme).

Ils partent ainsi, afin d’éviter au groupe, et plus précisément à la famille du mort, certains désagréments. Le fantôme du mort peut désormais hanter la forêt et revenir persécuter les Aché.

Maison Aché-Guayaki

L’inhumation ne représente que la première étape du rituel.

Après un certain temps, lorsqu’ils jugent que le cadavre est suffisamment décomposé, ils reviennent à l’endroit précis où ils avait déposé le corps pour accomplir la deuxième phase du rituel. Ils ouvrent la tombe et enlèvent le crâne, en évitant soigneusement de le toucher. Ils le déposent sur le sol, commencent à le briser à coups d’arc et ensuite ils le brûlent. 

Quelles que soient les circonstances de la mort, ils frappent toujours le crâne d’un adulte.

Aché-Guayaki

Il arrive ainsi fréquemment que les malades ou les vieillards, qui ne peuvent pas suivre le rythme des déplacements, soient abandonnés en chemin. Ils leur font du feu et ils les laissent sur place, en proie aux jaguars ou aux vautours. 

Deux ou trois jours plus tard le chasseur (l’époux, le fils, ou le frère) revient à l’endroit précis où la personne avait été abandonnée et s’il découvre un cadavre dévoré avec la boite crânienne mise à nu, il la brise immédiatement.

Ils redoutent particulièrement ce type de mort, qui, en plus d’être brutale, n’est suivie d’aucun rituel.

Chez les Guayaki, après la mort d’un chasseur ou d’un guerrier d’âge mûr, un de ses compagnons doit honorer le défunt en le vengeant. Il faut compenser l’injustice que le chasseur avait subie en mourant. Pour l’accomplir, ils tuent un enfant, généralement une fille, qui peut être l’enfant du mort.

Aché-Guayaki

Briser le crâne et le brûler sont les derniers gestes par lesquels les vivants s’acquittent envers les morts.

Comme nous avons pu le constater, ils assurent au cadavre une sépulture provisoire pendant la durée de sa décomposition. Ensuite, ils recueillent certains ossements qui représentent le siège de l’âme. 

Les os sont soigneusement recueillis, débarrassés des lambeaux de chair qui peuvent encore y adhérer, lavés, parfois peints, ornés de plumes et rassemblés dans un récipient pour être finalement portés en grande pompe à leur sépulture définitive.

La sépulture provisoire ne fait pas l’objet des cérémonies spécifiques car elle est provisoire. Le plus souvent on se borne à ensevelir le mort à même la terre en arrosant fréquemment la tombe pour hâter le processus de décomposition.

Tout l’effort et les solennités sont concentrés sur la deuxième phase du rite.

Sources :

Hélène Clastres, Rites funéraires Guayaki, Journal de la société des américanistes, 1968 (https://www.persee.fr)

Pierre Clastres, Chronique des Indiens Guayaki, Terre Humaine poche, 2001

Wikipedia, Guayaki  (https://fr.wikipedia.org)

Bruno Boulestin, Pourquoi donc tous ces chasseurs-cueilleurs font-ils des tombes doubles, Bulletin de la Société préhistorique française, 2018 (https://www.persee.fr/doc)

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