Coutumes et traditions funéraires
Croyances sur la mort

Les Wayana contemporains habitent un territoire frontalier entre le Brésil, le Surinam et la Guyane française. Ils sont composés de plusieurs groupes ethniques comme l’Upului, l’Opagwana, et le Kukuyana. Le peuple Wayana appartient au groupe Carib, comme les Kali’nas.

Au XVIIIe siècle, les ancêtres des Wayanas vivaient le long des fleuves Paru et Jari (territoire à l’intérieur du Brésil contemporain) et le long des affluents supérieurs du fleuve Oyapock (la frontière actuelle entre la Guyane française et le Brésil).

Ils considèrent que la mort survient généralement suite à l’action malveillante d’un chamane ou d’un esprit, par empoisonnement, par suicide ou suite à la folie. Evidemment, les Wayana pensent que la mort peut aussi avoir une cause naturelle comme par exemple la morsure de serpent, la noyade, la maladie et la vieillesse. Lorsqu’un vieillard demande à mourir, il est assommé à coups de massue et ensuite mangé.

L’âme du mort ne peut atteindre le ciel qu’une fois son corps enterré, sinon il est renvoyé sur terre. Ce sont ces personnes renvoyées qui ont décrit l’au-delà aux vivants.

Le corps du défunt est peint, recouvert de plumes, habillé de ses plus jolies parures. Sur sa tête est posée une couronne de plumes aux couleurs éclatantes. A son cou sont attachés ses colliers, son peigne en bois et ses flûtes en tibias de biche. Ses bras et ses jambes sont recouverts de multiples bracelets.

L’esprit à l’origine de la mort est considéré dangereux pour toute la communauté. Afin de l’empêcher de sortir du corps, le défunt est « étranglé » avec la corde de son arc, ses pouces et ses pieds sont liés soigneusement, l’auriculaire de chaque main est coupé. Un bout de son arc est implanté à l’endroit exact où l’enchantement l’avait atteint. Ce processus sert à renvoyer l’enchantement vers l’assassin. 

Chamane Wayana paré de plumes pour être enterré

Lors d’une mort subite et avant l’incinération, ils peuvent mutiler le corps de multiples façons: amputer des membres, couper la langue, extraire le cœur et le foie, brûler la peau avec du pétrole, tirer des flèches ou un coup de fusil à travers le corps, piquer les parties génitales avec des os affûtés, piquer les lèvres avec des épingles, couvrir les yeux avec de l ’écorce de courbaril, placer sur le ventre une pierre coupante chauffée à feu vif, enfoncer des échardes de bois dans le ventre.

L’incinération est la pratique courante. Le chef du village est le maître des cérémonies en charge de la supervision du processus d’incinération. Ils déposent le corps sur les rondins, la tête face au soleil levant et enflamment le bûcher à partir des pieds jusqu’à la tête.

Les morts de causes naturelles, ainsi que les personnes vertueuses, peuvent être enterrés à l’arrière ou sous leur maison, sous la case d’un village abandonné ou dans la forêt.

Les chamanes sont abandonnés dans un hamac, à l’intérieur d’une cage en bois dur pour le protéger des animaux. Plus tard, ils creusent une tombe de 2 m de profondeur, orientée est-ouest et plantent à l’intérieur deux poteaux afin d’attacher le hamac funéraire. L’homme qui a creusé la tombe est tenu à l’écart pendant trois mois.

L’inhumation directe du chamane est aussi une manière de le distinguer des autres, mais aussi de se protéger de lui.

Cette coutume de placer le mort dans un hamac tendu est aussi réservée aux chefs.  

Scène de crémation
Village Wayana

Dans la tombe, ils déposent avec le défunt une marmite, son arc, une canne à pêche cassée, sa mallette, ses objets précieux et ses perles. La nourriture n’est pas autorisée à l’intérieur de la tombe. Lorsqu’une mère meurt et n’a pas de sœur pour allaiter son bébé, celui-ci est mis dans ses bras et enterré avec elle.

Lors de l’incinération, divers objets personnels sont déposés à côté du corps.

Le parent masculin le plus proche détruit, brûle ou jette dans la rivière les autres biens ayant appartenu au mort, pour éviter que leur vue ne ravive un souvenir douloureux.

Si les biens du disparu sont trop précieux pour être détruits, ils peuvent être vendus à l’extérieur du groupe.

Ils abandonnent le village après deux ou trois décès d’adultes (enterrés sous leurs cases) ou après la mort d’un chef.

En signe de deuil ils se rasent la tête, ne se peignent plus le corps, ne portent plus leurs jambières traditionnelles et ne participent plus aux fêtes jusqu’à la levée de deuil. Certains, profondément affligés, cessent de chasser et se nourrissent très peu pendant toute cette période.

Des interdits alimentaires sont imposés et une partie des activités sont suspendues pendant la durée du deuil.

Famille Wayana

La simple évocation du souvenir du mort peut provoquer des pleurs chez les proches, même plusieurs années après le décès et, en règle générale, le nom du mort n’est jamais prononcé.

Le chaman fait exception, car les hommes continuent de venir à sa tombe lui demander conseil. Ils pensent que son âme immortelle reste attachée à son cadavre.

Les âmes suivantes ne peuvent pas atteindre le ciel :

– les meurtriers sont attendus par leurs victimes pour être tués.

– ceux qui ont maltraité les bêtes, surtout les crapauds et les chiens sont punis par les Protecteurs des animaux. Celui qui a tué un chien durant sa vie, est dévoré par un chien gigantesque. Il peut être noyé par ce chien dans le fleuve qu’il doit traverser.

– les grands pêcheurs sont avalés par le Protecteur des poissons

L’esprit d’un chamane peut se réincarner dans quelqu’un d’autre. Cette personne deviendra à son tour chamane.

Sources :

Bernard Grunberg, Les indiens des petites Antilles, Des premiers peuplements aux débuts de la colonisation européenne

Wikipédia, Wayana (https://en.wikipedia.org/wiki)

Stephen Rostain, La mort amérindienne en Amazonie 

(https://www.academia.edu)

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