Coutumes et traditions funéraires
Croyances sur la mort

La majorité des pasteurs nomades mongols considèrent qu’après la mort, l’âme une fois séparée du corps, renaît à nouveau.

La relation aux morts s’inscrit dans le paysage, dans l’environnement naturel, la montagne et la steppe, ainsi que dans des pratiques corporelles et matérielles propres aux éleveurs mongols. 

Comme la plupart des peuples autochtones, les pasteurs mongols aussi, pratiquent de nombreux rituels, afin d’éviter que le défunt revienne hanter les vivants ou se transformer en démon. 

Yourte des pasteurs nomades mongols

Selon des croyances chamaniques prébouddhiques ils pensent que la vie dans l’au-delà est calquée sur la vie sur terre et que les besoins des morts sont similaires à ceux des vivants. 

Cette conception matérialiste de l’au-delà explique pourquoi les familles offrent à leurs morts, sur la sépulture, du thé, du combustible (les crottes d’agneau), du bétail, des habits (la peau d’agneau), une bougie (pour éclairer), du feu (pour se chauffer et faire cuire des aliments) et une maison.

Les familles disent que le mort pourra faire un bon feu, manger, boire du thé, prier Dieu et dormir avec un oreiller.

Le mort est déposé dans une yourte séparée de celle des vivants.

Les pasteurs nomades ont toujours refusé de se conformer à la réforme funéraire et, se mettant hors-la-loi, ont continué leurs pratiques funéraires ancestrales. Les « porteurs d’os » continuent à déposer leurs morts dans la steppe (à même le sol) et les laisser se faire dévorer par les animaux.

L’endroit où le cadavre est déposé reste cependant marqué par une « pierre marque », grosse, plate et sans inscription. Sa reconnaissance repose donc sur la mémoire des proches du défunt.

Le placement des morts est entouré d’oubli, la localisation de sa sépulture est la première des choses à oublier au sujet du mort.

Après les funérailles, le nom du mort est frappé d’interdit, ne pouvant plus être prononcé ni réutilisé par ses descendants.

L’enjeu du rituel funéraire est avant tout d’éliminer toute raison de parler du mort.

Pasteurs nomades mongols

Sources:

Arnaud Esquerre, Les morts des espaces lisses

Grégory Delaplace, L’invention des morts. Sépultures, fantômes et photographie en Mongolie contemporaine

(https://laviedesidees.fr)

(https://journals.openedition.org)

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